ROYAUME DU MAROC
Ministère de l’Enseignement Supérieur,
de la Formation des Cadres
et de la Recherche Scientifique

 

 

ETUDE SUR L'OFFRE NATIONAL
EN FORMATION CONTINUE

 

RAPPORT DE SYNTHESE
Novembre 1998

SOMMAIRE

I- INTRODUCTION

I-1- Présentation de l’étude

I-2- Objet et méthodologie de l’étude

II- Diagnostic de l’offre en Formation continue 

II-1- Signification de la Formation continue

II-2- Le marché de la formation continue est très hétérogène 

II-3- Le marché de formation continue est très jeune

II-4- Le marché de formation continue est fortement concentré 

II-5-Les prix de vente de la formation continue sont très heterogènes 

II-6- L'évolution récente de l'offre de FC n'est pas forcément accompagnée d'une garantie de qualité

II-7- Le cadre financier est insuffisant et peu incitatif 

II-8- Le cadre juridique approprié à l’activité de formation continue est quasi-inexistant 

III- RECOMMANDATIONS ET MESURES D’ACCOMPAGNEMENT AIDANT À LA PROMOTION DE LA FORMATION CONTINUE

III-1- Les actions de l'Etat en matière de promotion de la formation continue

III-2- Les actions des demandeurs en matière d'organisation et de gestion de la formation continue

III-3- Les actions des offreurs de la formation continue en matière de professionalisme

 


I- INTRODUCTION

I-1- Présentation de l’étude

Face à un environnement marqué par une très forte compétitivité, l’entreprise marocaine est obligée de forger une structuration centrée sur le client, maîtrisant le triptyque coûts-qualité-délais. Elle est appelée à développer sa capacité d’adaptation permanente, de réaction rapide, d’innovation et d’anticipation sur les comportements des clients.

A cette fin, l’entreprise va devoir mobiliser sa ressource humaine dont la dimension stratégique n’est plus à démontrer.

N’étant plus considérée simplement comme un coût, elle nécessite d’être optimisée car elle constitue en définitive un levier d’action privilégié en vue d’une meilleure performance de l’entreprise.

Parallèlement à cette prise de conscience de la nécessité d’optimiser l’élément humain, on observe une nouvelle importance accordée à la compétence ; il faut non seulement l’employer mais aussi élever son niveau et la produire au sein même de l’entreprise.

A cet égard, la formation continue devient un atout sur lequel il est aujourd’hui absolument impératif de miser.

C’est dans cette perspective que la Direction de la Formation des Cadres s’est intéressée au rôle susceptible d’être joué par la formation continue dans le processus de production des compétences nécessaires à l’entreprise pour développer sa capacité d’adaptation à l’environnement compétitif.

Devenue prioritaire, la formation continue, pivot de la gestion des ressources humaines, a connu au Maroc un développement qui s’est relativement accéléré les 5 dernières années.

Plusieurs facteurs entraînent une telle évolution du système de formation continue :

Les demandeurs rappellent aux prestataires que le but recherché doit être une formation continue qui soit à la fois économique et efficace. Ils attendent d’eux des retours d’investissements mesurables et tangibles, une qualité et un professionnalisme avéré.

Pour garantir cette qualité, il faudra doter le système de formation continue d’une structure institutionnelle, des programmes adaptés aux besoins du marché de travail et à l’évolution des contenus et des compétences des emplois ou des métiers. Il faudra mettre en place une formation continue régionalisée et généralisée à toutes les catégories du personnel.

Ce nouveau contexte interpelle les organismes offreurs et demandeurs de formation continue à la fois dans leurs compétences, dans leur organisation, dans leur gestion et dans leurs objectifs. Il appelle une professionnalisation croissante et des mutations prévisibles de sciences de formation en entreprise.

En somme, c’est toute la méthode d’approche des offreurs et demandeurs de la formation continue qu’il faudra étudier et revoir. Si des progrès importants sont accomplis, il faudra les consolider. Si des insuffisances sont constatées, il faudra les corriger.

Or, corriger les insuffisances, c’est doter les demandeurs et les offreurs d’une démarche plus scientifique en matière de gestion de la formation continue (processus de management, structures de gestion, procédure d’achat de la formation continue, marché de formation continue, normes de qualité, etc…). En outre, il ne suffit pas de corriger les insuffisances, encore faut-il développer et promouvoir la formation continue.

Toutes ces réflexions sont à l’origine de l’étude sur l’offre nationale de formation continue.

Les informations collectées auprès des demandeurs et notamment les entreprises ont permis de confirmer que, selon les contraintes environnementales auxquelles l’entreprise doit faire face et selon ses caractéristiques propres, différentes formes de contributions de la formation continue pouvaient être envisagées.

I-2- Objet et méthodologie de l’étude

Dans le cadre de sa mission de planification, de coordination et de participation au processus de développement de la formation, la Direction de la Formation des Cadres (DFC) a réalisé une étude sur l’offre nationale de formation continue afin de faire ressortir les indicateurs pouvant aider à l’épanouissement et à la promotion de ce secteur.

Les objectifs de cette étude consistent en ce qui suit:

Pour atteindre ces objectifs, une double enquête a été effectuée auprès des offreurs et des demandeurs de formation continue.

Le tableau suivant explicite cet échantillon et le taux de réponse :

 

Echantillon

% de réponse

Bureau d’Etudes

38

26,3%

Etab. Enseign.sup.

63

73%

Etab. Formation Cadres

66

90,9%

Etab.Form.Privée

68

48,5%

Entreprise Privée

12

33,3%

Entreprise Publique

11

72,7%

ISTA

44

61,4%

Ministère

29

86,2%

Total

331

64,4%

Cette enquête a été plutôt quantitative. Le questionnaire renseigné à ce sujet a porté sur les thèmes suivants : la durée de formation, le nombre de places offertes, le coût de la formation, la population cible, le domaine de la formation et son contenu, le lieu de déroulement de la formation, le matériel utilisé pour la formation, la langue de formation, l’évaluation et le suivi de cette formation, la structure des prestataires de services de formation continue et leur répartition par type d’activité, le cadre juridique qui traite de manière spécifique de la formation continue et l’identification de la méthodologie suivie par les établissements pour la définition des besoins en formation continue.

Cette deuxième enquête a abordé les thèmes suivants : le comportement des opérateurs économiques et sociaux vis à vis de la formation continue, le degré d’impact de la formation continue sur la vie et le développement de l’entreprise enquêtée, le mode de financement de la formation continue par l’entreprise et enfin la comparaison offre/demande de la formation continue.

II- Diagnostic de l’offre en Formation continue 

L’enquête sur l’offre nationale de Formation Continue s’est déroulée auprès des prestataires et des demandeurs et a permis de collecter des données statistiques ainsi que des informations qualitatives.

Ces données ont aidé à mieux circonscrire les caractéristiques des offreurs et des demandeurs : Leur nature et leur statut, leur nombre et leur taille, leur structure et leur domaine d’intervention, l’évolution de leurs activités de Formation Continue et leur façon d’opérer sur le marché de formation.

Mais au-delà de cette vue synoptique appuyée par des indications chiffrées sur les offreurs et les demandeurs, c’est l’analyse qualitative des éléments dégagés de l’enquête qui a permis d’appréhender l’offre de Formation Continue et d’identifier de nombreuses difficultés qui entravent le processus de développement de la Formation Continue.

En effet, composé d’offreurs très hétérogènes et marqué par une évolution très timide, le marché de la formation continue revêt les caractéristiques d’un marché peu dynamique, fortement concentré et figé sur la même catégorie de demandeurs. L’évolution récente de l’offre de formation ne s’est pas forcément accompagnée d’une garantie de qualité. Le cadre financier est insuffisant et très peu incitatif. Le cadre juridique approprié à l’activité de formation continue est quasi-inexistant.

II-1- Signification de la formation continue

La première question demandée dans le questionnaire est la signification de la Formation Continue dont la réponse des opérateurs et des demandeurs est illustrée dans le tableau suivant :

 

opérateurs

Demandeurs

Perfectionnement des connaissances

91,1%

22,1%

Reconversion

58,7%

7,4%

Spécialisation et approfondissement

68,5%

7,4%

Polyvalence

60,1%

4,4%

Adaptation aux procédures de l’entreprise

76,5%

27,9%

Prévention/évolution des technologies

62,5%

5,9%

Promotion

75,1%

10,3%

Remarque : pour les opérateurs, la réponse est à choix multiple, pour les demandeurs, il est unique.

II-2- le marché de la formation continue est très hétérogène

Le marché est très hétérogène tant du point de vue de la taille, du statut juridique des dispensateurs de formation continue que de l’activité principale exercée ou encore de la structure de formation.

II-3- Le marché de formation continue est très jeune


L’analyse de la répartition des organismes selon la durée d’activité de formation continue et le type de prestataire indique essentiellement l’âge de l’activité de formation continue et par conséquent le nombre d’années d’expérience des organismes offreurs de formation continue comme explicitée par le graphique suivant :

Cette analyse permet aussi de constater que presque 80% des offreurs de formation continue ont moins de 10 ans, 17% ont entre 10 et 20 ans et 3% ont plus de 20 ans.

II-4- Le marché de formation continue est fortement concentré :

  1. Le marché de la formatiopn continue est concentré sur certains secteurs seulement comme le montre le graphique suivant :

En effet, 55% des actions menées sur les trois dérnières années sont dans le secteur de l’administration.

  1. Le marché de la formation continue est concentré sur les cadres sachant que 60% des actions sont déstinées aux cadres et 29% pour les techniciens.

  1. Le marché de la formation continue est concentré sur Casa-Rabat près de 80% des actions.

II-5- Les prix de vente de la Formation continue sont très héterogenes

Le marché de formation continue n’est pas encore suffisamment mouvant. L’offre de Formation Continue oscille entre les petites unités privées et les gros organismes publics (entreprises publiques, Ministères, établissements de formation des cadres, …).

Dans ce cadre, les prix de vente sont trés variés sachant que :

  1. pour les administrations et les entreprises publiques, le coût n’est pas comptabilisé puisqu’ils sont eux mêmes offreurs de ces formations.
  2. Pour les établissements de formation des cadres, les prix sont très compétitifs voire même symboliques (exemple : 2750DH/personne/semaine pour l’IAV)
  3. Pour les bureaux d’études et le privé, les prix sont fonction de leurs compétences, en moyenne 2000DH/jour/personne)

II-6- L’évolution récente de l’offre de formation continue ne s’est pas forcément accompagnée d’une garantie de qualité

A cet égard, l’analyse des données de l’enquête a permis de faire les constatations suivantes :

Plusieurs indicateurs appuient cette constatation :

    1. Le nombre absolument dérisoire des études de besoins en formation continue réalisées tout aussi bien par les offreurs que les demandeurs. En effet, en dehors de 16 études réalisées dans le domaine du commerce et de l’administration, les autres spécialités ont fait l’objet de 1 à 7 études sur les trois années passées.
    2. La sous-utilisation des méthodes et des techniques appropriées de détermination des besoins en formation continue.
    3. Le caractère classique et passif des méthodes et techniques pédagogiques prédomine assez largement en formation continue.
    4. Les supports pédagogiques modernes de formation continue restent d’un usage très peu fréquent par de nombreux offreurs.
    5. Le système d’évaluation de la formation continue est limité et reste peu efficace.
    6. L’ingénierie de formation continue est très peu répandue voire même -dans certains cas- quasiment inexistante.

II-7- Le cadre financier est insuffisant et peu incitatif

Le cadre financier regroupe non seulement les aspects budgétaires de la formation continue mais aussi le système fiscal incitatif, le système de financement, les moyens drainés par les partenaires et la solvabilité de la demande de formation continue.

D’après les avis des offreurs de Formation Continue, ce cadre financier est caractérisé par une triple insuffisance : le manque de financement et de moyens drainés par les partenaires surtout lorsqu’il s’agit des employeurs en relation avec les prestataires de formation continue et le manque d’incitations.

  1. Le manque de financement est un problème posé beaucoup plus pour les offreurs privés de Formation Continue que les offreurs publics. Les Ministères et les entreprises publiques sont les principaux financeurs des actions de Formation Continue.
  2. La solvabilité de la demande pose un problème non-négligeable pour plusieurs raisons :

Pour toutes ces raisons, la demande reste limitée.

  1. L’insuffisance d’une politique d’encouragement et d’incitation de nature à stimuler les investissements des entreprises dans la formation continue est jugée par certains organismes assez faible et non encore suffisamment opérant.

II-8- Le cadre juridique approprié à l’activité de formation continue est quasi-inexistant

La majorité des offreurs de Formation Continue considère que le cadre juridique actuel souffre d’importantes lacunes et reste très problématique. Il constitue pour les non-prestataires de Formation Continue l’obstacle majeur qui les entrave dans la réalisation de leur activité de formation. Cet environnement juridique très insuffisant est caractérisé par :

Cette incohérence est un facteur de démotivation en matière de Formation Continue Cette dernière n’est nullement prise en considération dans l’avancement ou la promotion du personnel. On note l’inexistence de dispositif juridique permettant la valorisation de la Formation Continue et de ce fait, aucune certification n’est possible pour favoriser une plus grande mobilité sociale en entreprise ou une promotion au sein de l’administration publique.

A cet égard, on constate que faute de texte juridique, aucun système de validation ou de reconnaissance des acquis professionnels n’est institué en faveur des personnes disposant des connaissances et aptitudes exigées pour l’obtention d’un titre.

De ce fait, aucun organisme offreur de Formation Continue n’est habilité à sanctionner cette formation par un diplôme. L’absence d’une formation diplomante constitue une entrave sévère à la motivation du personnel tant dans l’administration publique, les entreprises publiques que privées.

Il y a d’après les offreurs de Formation Continue l’absence d’une réglementation nationale de Formation Continue contenant des mesures incitatives à l’égard du personnel.

Par ailleurs, l’absence d’une loi sur la formation continue est dommageable à plus d’un titre :

III- RECOMMANDATION ET MESURES D’ACCOMPAGNEMENT POUR LA PROMOTION DU SECTEUR DE LA FORMATION CONTINUE

Le rapport III de l ‘étude comprend l’ensemble des recommandations et des mesures d’accompagnement relatives à la promotion de la formation continue.

Ces recommandations sont traduites en actions concrètes. Ces actions sont de nature juridique et réglementaire, institutionnelle et organisationnelle, technique et managérielle, financière et fiscale.

Une fois réalisées, ces actions permettront d’asseoir le cadre nécessaire à la gestion de la formation continue.

L’Etat, les demandeurs (administrations publiques et entreprises), les offreurs de la formation continue sont appelés à contribuer à la réalisation de ces actions selon une démarche progressive situant la concrétisation des diverses mesures proposées dans le court, moyen et long terme.

Ces actions sont réparties en trois types :

III-1 Les actions de l’état en matière de promotion de la formation continue

Pour promouvoir la formation continue, l’étude recommande quatre programmes d’actions à mettre en œuvre : l’élaboration d’un dispositif juridique, la réglementation relative à l’accès des offreurs à l’activité de la formation continue, l’institutionnalisation et l’organisation de la fonction "formation continue ", la définition d’une stratégie de financement et d’encouragement de la formation continue.

Voir annexe I: Avant projet de loi sur la formation continue tel qu'il a été rédigé et non discuté avec les partenaires concernés.

A- La mise en place d’un dispositif juridique régissant la formation continue :

Dans le cadre de ce dispositif, la loi doit instaurer l’obligation pour toute entreprise ou administration publique à assurer annuellement pour ses employés ou fonctionnaires des formations continues. Chapitre II.

Elle doit, d’une part, définir les droits à la formation continue des salariés du secteur privé et les agents de l’Etat et, d’autre part, spécifier leur égal accès à la dite formation. Chapitre III.

Si la formation est un droit reconnu aux fonctionnaires des administrations ou employés des entreprises, elle est aussi une obligation aussi bien pour les uns que pour les autres. Ils peuvent être tenus de suivre, dans l’intérêt du service, des actions de formation ayant pour objectif de maintenir ou de parfaire leur qualification et d’assurer leur adaptation.

B- La réglementation de l’accès des offreurs à l’activité de formation continue :

Les demandeurs constatent que s’il y a eu durant les récentes années une multiplication des prestataires de formation continue, cette dernière s’est faite au détriment d’une spécialisation et d’un véritable professionnalisme. Chapitre VII.

Pour remédier à cette situation, il est nécessaire d’élaborer et de mettre en place un statut des prestataires de formation continue. Ce statut doit être assez spécifique à un organisme offreur considéré comme Opérateur-Formateur.

L’élaboration d’un statut d’opérateur-formateur qu’il soit public ou privé, individuel ou organisme, nécessite :

A cette fin, l’étude recommande d’instituer progressivement une procédure en vertu de laquelle les organismes prestataires de formation continue devront être agréés, qualifiés, voire certifiés et reconnus.

B-1- La procédure d’agrément (ou d’autorisation ou encore de déclaration ) exige de l’Etat de définir : Article 14

Les normes sont des référentiels qui spécifient des caractéristiques de services de formation continue. Ces référentiels ont pour fonction de garantir une formation-qualité.

Ces normes peuvent concerner tout aussi bien la demande que l’offre de formation continue.

Les conditions d’accès à remplir et les normes de qualité à respecter peuvent être contenues dans un cahier de charges relatif à l’organisation des activités de formation continue.

Pour accéder à l’exercice de l’activité (et donc à la profession d’offreur-opérateur) de formation continue, le prestataire doit répondre à toutes les exigences du cahier des charges. Autrement dit, il doit se conformer aux règles et critères imposés dans le domaine de son intervention.

Ce cahier des charges, élément clé de la procédure d’agrément, constitue un engagement pris par l’offreur de formation continue et qu’il doit toujours honorer.

B-2- La procédure de qualification de la formation continue :

La qualification constitue une référence qui facilite la sélection des organismes offreurs de formation continue en fonction de leurs domaines de compétence. La rigueur de la procédure de qualification, le niveau et les critères de professionnalisme requis pour la qualification, représentent une garantie pour les acheteurs et les utilisateurs de formation.

L’obtention de la qualification contribue à affirmer face au marché, leur professionnalisme.

La qualification fournit ainsi un outil de recensement de l’offre qualifiée existante et favorise donc l’essor d’une image professionnelle des organismes offreurs de formation continue.

Il s’agit donc d’instituer (au sein de la DFC) une commission (ou organisme) de qualification qui aura pour mission d’accorder aux offreurs de formation continue une qualification à caractère national. Elle aura pour tâches de :

La qualification peut être accordée pour une période déterminée.

B-3- La démarche de certification :

La certification des professionnels de la formation est un dispositif qui, une fois appliqué aux offreurs, quel que soit leur statut (public ou privé), permet de se faire identifier par les différents acteurs du marché (clients, confrères, fournisseurs, pouvoirs publics), par leur ancienneté professionnelle, leur fonction et leur secteur d’intervention.

Ainsi définie, la certification repose sur une démarche dont les objectifs sont les suivants :

Cette certification doit être accompagnée d’un code de déontologie. Ce code doit être mis en place par les offreurs eux-mêmes et s’imposer à eux. Il constitue un contrat moral qui lie l’ensemble des prestataires de formation continue. Ces derniers doivent s’engager à appliquer strictement les règles définies par le code de déontologie.

B-4- La reconnaissance de la formation continue :

Cette reconnaissance de la formation continue peut prendre des formes différentes. Citons entre autres :

  1. La satisfaction d’améliorer le savoir et le savoir-faire et l’aptitude à exercer ses fonctions et la confiance en soi qui en résulte ;
  2. Un appui de l’administration ou de l’entreprise en vue de l’application de connaissances et de compétences nouvelles pour résoudre des problèmes concrets ;
  3. Une aide financière pour participer à des activités de formation en dehors des heures de travail ;
  4. L’octroi d’un certificat à la fin d’un programme déterminé permettant d’accéder à un niveau supérieur, à un échelon supérieur, et/ou de figurer sur une liste prioritaire en vue d’une participation à des réunions ou rencontres scientifiques ou d’autres programmes de formation continue à l’étranger ou dans le pays lui-même.

Instituer un système de formation continue diplomante et la valoriser revient à mettre en place une double mesure :

Pour la deuxième mesure, il s’agit de :

B-5- La valorisation de la formation continue :

Cette valorisation de la formation continue sur le plan de la carrière oblige à mettre en place des mesures suivantes :

Par ailleurs, pour mettre en place ces mesures et les rendre opérationnelles, il serait souhaitable de réaliser une étude sur les problèmes d’articulation entre formation continue, promotion et plan de carrière aussi bien au niveau de l’administration que l’entreprise.

C- L’institutionnalisation et l’organisation de la fonction "Formation Continue" Chapitre V.

L’étude recommande la contribution de l’Etat et des entreprises privées en matière d’encouragement et de promotion de la formation continue à travers des structures de coordination, d’assistance conseil, d’orientation et d’information et d’animation de la formation continue.

C-1- La structure nationale de coordination de la Formation Continue : Article 12.

Etant un espace de coordination, de concertation et de conduite d’opérations à portée commune, cette structure composée d’employeurs salariés, opérateurs et Etat aura pour mission de :

Elle aura pour activité :

C-2- Les entités d’assistance-conseil en formation continue : Article 16.

La principale mission de ces entités consiste à aider :

Le champ d’intervention des entités d’assistance-conseil consiste dans :

C-3- La structure nationale d’information et d’animation : Article 15.

La mission de cette structure consiste principalement dans l’information des demandeurs et offreurs et de ce fait dans l’animation du marché de la formation continue.

Pour réaliser cette mission, il est souhaitable de doter la structure en question d’un double système :

C-4- La définition d’une stratégie de financement et d’encouragement de la Formation Continue : Article 17.

Les problèmes inhérents au cadre financier qui ont été identifiés lors de l’enquête portent non seulement sur les aspects relatifs au financement de la formation continue mais concernent aussi les procédures de gestion financière de la dite formation et les mesures incitatives possibles. Notons à cet égard que le principe de financement ainsi que le dispositif incitatif doivent être prévus dans le texte de loi relative à la formation continue.

Pour développer quantitativement et qualitativement la formation continue, en élargir l’accès et le bénéfice à l’ensemble des publics et des secteurs d’activité économique, la mise en place d’une stratégie de financement et d’encouragement s’impose.

Cette stratégie doit être bâtie autour des recommandations émises essentiellement par les offreurs mais aussi des demandeurs de formation continue.

Les actions suivantes sont recommandées pour promouvoir les activités de formation continue et ce à divers niveaux :

Au niveau de l’intégration des coûts dans la gestion des prestations de formation continue ; deux actions sont possibles :

Au niveau de simplification des procédures financières de la formation continue ; il s’agit :

Au niveau du financement de la formation continue ; il y a lieu de :

Au niveau de l’encouragement des offreurs de formation continue ; deux catégories de mesures s’imposent toujours. Il s’agit :

III-2 Les actions des demandeurs en matière d’organisation et de gestion de la formation continue

Les demandeurs de formation continue sont appelés non seulement à se doter d’une stratégie ou d’une politique en la matière mais aussi à s’organiser en conséquence. La formation continue est aujourd’hui suffisamment importante et lourde du fait de l’intensité de la charge de travail quantitative et qualitative. Etant une fonction toute entière, elle exige souvent à elle seule une structure et des procédures d’organisation et de fonctionnement.

Annexe II: Guide de mise en place d'un système de formation continue au sein de l'entreprise privée

III-2-1 La stratégie de Formation continue

La stratégie de promotion de la formation continue est fonction des politiques et orientations arrêtées par l’entreprise ou l’administration. A cet égard, l’étude recommande les mesures suivantes :

A- Le développement de la capacité de planification des besoins de formation continue

Une capacité de planification aidera le système de formation continue à répondre aux objectifs de l’entreprise ou de l’administration publique. Elle lui permettra de s’appuyer sur les motivations des agents et cadres formés et sur les besoins réels des individus.

Dans cette perspective, il y a lieu :

B- Le développement de la capacité d’élaboration des plans de formation continue :

Dans le but d’éviter des formations ponctuelles sans suivi ni impact positif sur la productivité de l’entreprise ou le rendement de l’administration, il est recommandé :

III-2-2- L’organisation de la fonction "Formation continue" :

Dans ce cadre, l’étude recommande :

III-3- Les actions des offreurs de la formation continue en matière de professionnalisme et d’amélioration de la qualité

La plupart des demandeurs et essentiellement les entreprises privées exigent que les prestataires de formation continue développent leur structure et leur organisation de façon à faire face à leurs besoins et à l’ensemble des attentes exprimées sur le "marché de formation continue ".

Ils exigent que l’activité des opérateurs soit non seulement très bien réglementée mais qu’elle soit dotée de moyens humains, matériels, techniques et pédagogiques (notamment la capacité en ingénierie de formation continue).

Annexe III: Avant projet du code de déontologie des organismes offreurs de formation continue.

Il s’agit de mettre en place une formation des responsables ou gestionnaires des politiques de formation, animateurs -permanents ou occasionnels-. Cette formation doit porter sur le management et sur les techniques d’animation :

A ce sujet, l’étude recommande :