La parole aux étudiants et
élèves
Enquêtes de mars 1995 et mars 1996
I. PREAMBULE
La Direction de la Formation des Cadres a effectué deux enquêtes auprès des étudiants des établissements de formation des cadres au Maroc et auprès des futurs bacheliers inscrits pour les années scolaires 1994-95 et 1995-96.
Lobjectif de ces enquêtes était de connaître les cheminements et les contraintes que vivent les futurs bacheliers avant dintégrer les écoles de formation des cadres. Ainsi, les questionnaires qui ont été établis devaient atteindre, entre autres, les objectifs suivants :
1- Pour les bacheliers :
déterminer les facteurs qui agissent sur lorientation des bacheliers pour leur formation supérieure, et notamment:
la notoriété et les sources dinformations des bacheliers sur la formation supérieure au Maroc ;
2- Pour les étudiants :
vérifier si les contraintes vécues par les bacheliers se prolongeaient aussi dans le supérieur,
vérifier si le système dorientation est fiable, en déterminant les niveaux de satisfaction des étudiants de leurs formations post-baccalauréat,
évaluer si la notoriété du système de formation des cadres au Maroc est méritée.
3- Pour les bacheliers et étudiants :
vérifier si les résultats des enquêtes ont une continuité dans le temps.
Ces enquêtes ont été réalisées en mars 1995 et mars 1996.
II. LECHANTILLONNAGE
II.1. Les futurs bacheliers
En ce qui concerne les futurs bacheliers, léchantillon a été limité à 1000, soit environ 0,1% de leffectif des 3ème années secondaires au Royaume. Léchantillon a respecté les conditions suivantes:
1. la répartition géographique des effectifs, à léchelle des régions:
Régions |
1995 |
1996 |
|
17,3% 15,5% 15,6% 13,4% 14,6% 13,1% 10,5% |
21,5% 32,8% 10,7% |
Le statisticien averti remarquera que les régions du Centre et du Nord-Ouest sont sous représentées en 1995. Ceci est dû au fait que la période de collecte des données a coïncidé avec une période de grève dans plusieurs lycées et notamment dans ces deux régions. Loption de renoncer aux quelques questionnaires restants a été prise, beaucoup plus parce que les réponses risquaient dêtre influencées par létat desprit régnant que pour des questions de délais.
La répartition de léchantillon en 1996 des élèves inscrits au baccalauréat par régions économiques est faite selon le principe de lallocation proportionnelle à la taille des régions en termes de nombre délèves.
2. la répartition selon le type de bac : littéraire, scientifique et technique,
Type de bac |
1995 |
1996 |
| Scientifique Technique Littéraire |
45% 3% 52% |
45% 4% 51% |
3. le rapport garçons-filles.
|
1995 |
1996 |
| Sexe masculin Sexe féminin |
54% |
56% |
La représentativité de cet échantillon peut être mesurée avec le taux de redoublants qui, dans notre échantillon aléatoire, est très voisin du taux national, tel que le montre le graphique suivant:

II.2. Les Etudiants des EFC
Léchantillon de 400 élèves représente environ 3% et a respecté les contraintes suivantes:
1. La répartition géographique: Rabat et Casablanca,
2. La stratification au niveau de la dominante: scientifique et technique ou économique, juridique, administrative et sociale. Nous avons opté pour le choix dun ensemble décoles de formation des cadres en 1995 et son complément en 1996 (voir plus loin). Ainsi, la répartition des dominantes diffère quelque peu entre les années tel que le montre le tableau ci-après :
population |
1995 |
1996 |
| Dominante scientifique et technique Dominante économique, juridique, administrative et sociale |
58% 42% |
77% 23% |
3. La stratification au niveau du sexe du répondeur a subi quelques variations pour les mêmes raisons :
population |
1995 |
1996 |
| Masculin Féminin |
68% 32% |
75% 25% |
4.La stratification au niveau de lannée de formation : en 1ère année, en cours de formation ou en dernière année :
1995 |
1996 |
|
| En première Année En cours de Formation En dernière Année |
39% |
40% |
La question de faire représenter ou non toutes les écoles de formation des cadres dans le même échantillon sest imposée à notre réflexion dès le premier passage de lenquête en 1995. Sagissant dune première expérience en la matière, nous avons préféré nous limiter à un nombre réduit détablissements tout en gardant la possibilité de reconstituer un autre échantillon dans le deuxième passage en 1996, et de nadministrer les questionnaires que dans les établissements qui nont pas été sélectionnés en 1995.
Il sagit ainsi de deux populations distinctes.
Les EFC dans lesquelles les entrevues ont été réalisées sont :
En 1995 :
En 1996 :
Le présent rapport sintéressera aux résultats les plus parlants, et occultera sciemment ceux dont linterprétation est moins évidente, notamment parce que léchantillonnage aura été trop réduit. Ce sera par exemple le cas de la répartition du type de formation suivie qui a été influencée par le tirage au sol des établissements enquêtés chaque année.
Il y a lieu de rappeler ici que le deuxième questionnaire a été modifié par rapport à celui de 1995 en fonction des résultats de la première enquête et de lapprofondissement que nous avons jugé utile dintroduire au niveau de la seconde enquête.
Nous construirons ce rapport successivement autour des thèmes suivants:
les contraintes qui conditionnent laccès aux établissements de formation des cadres, telles quelles sont perçues par les élèves et les étudiants,
les systèmes dinformation à travers lesquelles ils les perçoivent,
les contraintes et la stratification socio-économique,
le degré de satisfaction de ce système dorientation,
les conclusions qui simposent.
III. LES CONTRAINTES
PERCUES PAR LES
REPONDANTS
Le premier résultat notable concerne le pourcentage des élèves qui ne pensent pas continuer leurs études supérieures. Ce pourcentage qui a varié de 17% en 1995 à 11% en 1995, résiste à toute tentative dexplication directe logique.
En-effet, la seule raison plausible de ce refus de continuer ses études supérieures pourrait être des contraintes socio -économiques. Or dès 1995 cette explication a dû être écarté.
En effet, le tableau ci après qui donne le spectre des professions des parents ne le montre pas dune façon formelle, si ce nest les différences enregistrées pour les directeurs et cadres administratifs dune part, les femmes au foyer dautre part. Sagit il alors dune prise de conscience différente dans les foyers ? Les répondants ont ils tenu compte de leur niveau scolaire quand celui-ci est très bas.
Enquête 1995
Nous avons alors voulu approfondir cette question en 1996 en demandant aux enquêtés le revenu de leurs chefs de ménages ainsi que son niveau de formation, ce qui nous a permis de sortir les deux tableaux ci-après :
Revenu du chef de ménage (1996)
Total en (%) |
Ne veulent pas continuer en (%) |
|
| Moins 3000 DH | 26,36 |
32,14 |
| 3000 à 6000 DH | 23,35 |
19,64 |
| 6000 à 9000 DH | 7,53 |
5,357 |
| Plus de 9000 DH | 3,96 |
3,57 |
| NSP | 35,78 |
33,93 |
| REFUS | 3,01 |
5,36 |
TOTAL |
100 |
100 |
Niveau de formation du chef de ménage (1996)
Total en (%) |
Ne veulent pas continuer en (%) |
|
| Aucun | 24,67 |
39,29 |
| Primaire | 18,08 |
14,29 |
| Secondaire | 23,35 |
19,64 |
| Supérieure | 26,55 |
19,64 |
| NSP | 3,77 |
5,36 |
| REFUS | 3,59 |
1,78 |
TOTAL |
100 |
100 |
On serait tenté par ces résultats davancer que le revenu et le niveau de formation du chef de ménage avait une influence. Nous noublions cependant pas la différence en valeur absolue entre 1995 (17%) et 1996 (11%) qui correspond à environ 60 répondants et qui est de loin plus grande que le plus grand écart enregistré dans les deux tableaux et qui vaut 16 voix environ : la précision inter-annuelle ne permet pas davancer une conclusion fiable.
Nous verrons plus loin comment répondre à cette question dune façon détournée.
Le second élément des deux passages de lenquête méritant dêtre signalé concerne le type de formation souhaité par les futurs bacheliers et qui peut être synthétisé comme suit :
| Formation souhaitée | 1995 |
1996 |
| Facultés Ecole de formation des cadres Ecole de formation professionnelle |
58% |
59% |
| Autres | 9% |
8% |
Ainsi, seuls 25 à 26% des élèves souhaitent intégrer une école de formation des cadres. Pourquoi ce résultat est-il si faible pour une question qui ne devait exprimer quun souhait ? Les élèves ont ils intégré dautres facteurs dans leur réponse ?
Nous avons voulu confirmer ceci, en faisant une comparaison avec les résultats du baccalauréat. En 1995 et à léchelon national, ces résultats ont été comme suit:
nombre de mention passable: 60 000 (note entre 10 et 12 soit moy # 11)
nombre de mention assez bien: 8 000 (note entre 12 et 14 soit moy # 13)
nombre de mention bien: 1 200 (note entre 14 et 16 soit moy # 15)
nombre de mention très bien: 52 (note entre 16 et 20, soit moy # 18)
La représentation semi-logarithmique, en pourcentage des élèves et
tenant compte dun taux de réussite au baccalauréat de 60%, montre que les 25%
correspondent à la proportion des élèves ayant une note supérieure ou égale à 11.7%.
Ce pourcentage est il celui des élèves qui espèrent obtenir une mention au
baccalauréat. Est-il plus simplement une valeur quelconque due à la mauvaise
information des
élèves sur le système de formation des cadres ?
Cette question qui est à notre avis primordiale a fait lobjet en 1996 dune analyse croisée et fine avec les autres paramètres ressortis par lenquête. Les tableaux ci-après synthétisent ces croisements :
a- Selon le Sexe :
Sexe |
Effectifs total |
Effectif ayant souhaité intégrer un E.F.C* |
| Féminin | 44% |
42% |
| Masculin | 55% |
57% |
*EFC = Etablissements de Formation des Cadres
b- Selon lâge :
Tranche dâge |
Effectif total |
Effectifs ayant souhaité intégrer un E.F.C |
| Moins de 17 ans de 17 à 20 ans de 20 à 24 ans plus de 24 ans |
8% 55% 32% 9% |
3% 63% 27% 5% |
c- Selon les régions économique :
Régions |
Effectif total |
Effectifs ayant souhaité intégrer un E.F.C |
|
22% 33% 11% 8% |
25% 30% 12% 10% |
d- Selon le type de baccalauréat :
Type de Baccalauréat |
Effectif total |
Effectifs ayant souhaité intégrer un E.F.C |
| Littérature Scientifique Technique |
51% 45% 5% |
46% 46% 8% |
e- Selon le type de formation pendant le primaire :
Type de formation au primaire |
Effectif total |
Effectifs ayant souhaité intégrer un E.F.C |
| Public Privé |
85% 14% |
85% 15% |
f- Selon la profession du chef de ménage :
g- Selon le revenu du chef de ménage :
| Total en (%) | Effectifs ayant souhaité intégrer un E.F.C |
|
| Moins 3000 DH | 26 |
30 |
| 3000 à 6000 DH | 23 |
24 |
| 6000 à 9000 DH | 8 |
8 |
| Plus de 9000 DH | 4 |
5 |
| NSP | 36 |
32 |
| REFUS | 3 |
3 |
h- Selon le niveau de formation de chef de ménage :
| Total en (%) | Effectifs ayant souhaité intégrer un E.F.C | |
| Aucun | 25 |
21 |
| Primaire | 18 |
17 |
| Secondaire | 23 |
26 |
| Supérieur | 26 |
30 |
| NSP | 4 |
3 |
Lanalyse des huit tableaux ci-dessus révèle que des écarts entre leffectif total dune part, et leffectif souhaitant intégrer une école de formation des cadres dautre part reste faible (en tout cas inférieur à 5 points sauf pour lâge dobtention du baccalauréat où lécart a enregistré 8 points).
Ceci militerait pour la thèse qui veut que le souhait des élèves est beaucoup plus conditionné par leur espoir dobtenir une bonne note au baccalauréat que par le niveau de vie général. Cela expliquerait aussi lécart enregistré pour lâge du baccalauréat : les meilleurs élèves sont évidement les moins vieux, puisqu'ayant le moins redoublé.
D'une façon indirecte, ceci militerait aussi pour la thèse qui veut que les élèves qui ont déclaré ne pas vouloir poursuivre leurs études étaient parmi ceux qui ne pensaient pas obtenir leur baccalauréat.
Enfin, ceci suppose que les élèves sont conscients de leur niveau, ce qui est un bon acquis du contrôle continu imposé aux épreuves du baccalauréat.
Rappelons par ailleurs que les élèves ayant suivi des études primaires privées parmi la promotion 96 du baccalauréat ont leur effectif quadruplé depuis leur scolarisation.
Année scolaire |
Pourcentage délèves dans le privé |
1984-1985 1995-1996 |
3.5% 14.0% |
Ceci peut vouloir dire que la qualité de lenseignement primaire aide à atteindre le niveau du baccalauréat. A notre avis, ceci veut surtout dire que les parents qui peuvent faire leffort de financer un enseignement privé suivent mieux par la suite les études de leurs enfants.
Analysons maintenant les contraintes telles quelles sont déclarées spontanément par les élèves et les étudiants.
Nous tenons à préciser dabord quen 1995, la question concernant ces contraintes a été posée en deux phases. La première phase laissait aux élèves la liberté de la question (réponse spontanée dans les graphiques) alors que la seconde phase leur demandait de classer un certain nombre de facteurs préalablement choisis (1er, 2ème ou 3ème choix dans les graphiques).
Le graphique ci-après détaille pour 1995 les réponses à la question: « quelles sont selon vous les principales raisons qui déterminent le choix dune formation donnée? ».
Nous pouvons constater que si les préoccupations sont presque les mêmes, elles ne sont pas ressenties avec la même acuité par les élèves dune part, par les étudiants dautre part.
Une mention spéciale est à accorder aux concours daccès aux EFC qui nont pas été cités par les futurs bacheliers. Sagit il dune mauvaise information sur les conditions daccès?
Dans ce qui suit, nous allons traiter successivement des trois préoccupations les plus citées, à savoir, la moyenne du baccalauréat, lemploi, les moyens financiers.
III.1. LA MOYENNE DU
BACCALAUREAT
A la question : « je vais vous citer une série de facteurs qui conditionnent laccès dun élève à un Etablissement de Formation des Cadres. Pourriez vous me les classer selon la priorité que vous leur accordez ? », la moyenne du baccalauréat a été largement plébiscitée, comme le montre le tableau suivant :
Population |
Choix |
1995 |
1996 |
1er choix |
43% |
41% |
|
| Elèves | 2ème choix |
12% |
28% |
3ème choix |
14% |
13% |
|
1er choix |
51% |
31% |
|
| Etudiants | 2ème choix |
22% |
24% |
3ème choix |
12% |
12% |
De plus, si nous comparons le nombre des élèves qui ont placé ce facteur parmi les 3 premières priorités, nous obtenons :
en 1995, 69% des élèves ont choisi la moyenne du bac contre 82% en 1996
en 1995, 85% des élèves ont choisi la moyenne du bac contre 67% en 1996
Ces chiffres suggèrent 3 constats :
a- la contrainte de la note de baccalauréat se fait plus pesante chez les élèves,
b- les étudiants de 1995 (plus scientifiques) ont ressenti plus fortement cette contrainte,
c- les étudiants de 1995 (moins scientifiques) la ressentent fortement, mais moins que les « scientifiques » de 1995.
En conclusion, les futurs bacheliers sont de plus en plus préoccupés par cette contrainte. Quant aux étudiants, leurs réponses sont plus nuancées, selon létablissement quils ont intégré et la difficulté quils ont ressentie à la sélection.
III.2. LEMPLOI
Lemploi est la deuxième préoccupation majeure des élèves et des étudiants tel que le montre le tableau ci-après :
Population |
Choix |
1995 |
1996 |
1er choix |
30% |
23% |
|
| Elèves | 2ème choix |
19% |
15% |
3ème choix |
14% |
21% |
|
1er choix |
29% |
27% |
|
| Etudiants | 2ème choix |
25% |
15% |
3ème choix |
19% |
19% |
Les étudiants semblent aussi préoccupés par ce facteur malgré que les écoles auxquelles ils appartiennent sont bien ancrées dans leurs milieux professionnels. Une confirmation peut être trouvée dans la réponse à la question : « pensez vous que vous allez trouver facilement un emploi... » schématisée ci après, et qui montre que le tiers des étudiants ne sont pas si confiants dans leur avenir.
Trouver un emploi |
1995 |
1996 |
| OUI FACILEMENT PAS FACILEMENT NE SE PRONONCENT PAS |
60% 33% 7% |
56% 39% 5% |
En ce qui concerne les secteurs de préférence, les réponses des étudiants des E.F.C se présentent de la façon suivante :
Souhaite un emploi dans le: |
1995 |
1996 |
| PUBLIC PRIVE NE SE PRONONCENT PAS |
45% 51% 4% |
50% 43% 5% |
La légère différence qui existe entre les réponses des étudiants interviewés en 1995 et ceux interviewés en 1996 peut être expliquée par le type de formation, sagissant comme nous lavons déjà dit de deux populations distinctes. Ce tableau montre surtout que les étudiants hésitent entre le privé et ses meilleurs salaires, le public et sa meilleure stabilité demploi.
III.3. LES MOYENS
FINANCIERS
Lors de la campagne de 1995, les moyens financiers sont apparus à la troisième place des préoccupations des étudiants et élèves, tel que le montre le graphique suivant :
Rappelons que lors de ce premier passage, nous avions glissé dans le questionnaire réservé aux élèves la question suivante : « Pour votre formation supérieure, seriez-vous prêts à participer aux frais de vos études ? ». 44% des personnes interviewées ont répondu favorablement à la question.
Sciemment, nous navions pas voulu expliciter cette question auprès des élèves pour ne pas les effaroucher, sagissant dune première expérience de sondage en la matière. Le résultat est en lui-même éloquent, bien quil nengage que les élèves et non leurs parents.
Lors du second passage, nous avons voulu approfondir cette question en posant des questions "subsidiaires". Le premier effet immédiat a été le chute des répondants favorables : de 44% en 1995 à 20% en 1996.
Si on procède à un tri croisé des réponses selon certains facteur, des conclusions simposent:
Il ny a pas dinfluence nette aussi bien du sexe que du type de baccalauréat.
Le niveau de formation du chef de ménage influe beaucoup sur la volonté de prendre en charge ses études :
47% des répondants favorables ont des parents ayant une formation supérieure et 29% une formation secondaire, tel que le montre le tableau ci-après :
| Formation des parents | Total (en %) |
Oui (en %) |
Non (en %) |
| aucun | 24,67 |
7 |
27,72 |
| primaire | 18,08 |
12 |
20,38 |
| secondaire | 23,35 |
29 |
22,28 |
| supérieure | 26,55 |
47 |
22,01 |
| N.S.P. | 3,77 |
3 |
3,53 |
| refus | 3,58 |
2 |
4,08 |
total |
100 |
100 |
100 |
Le revenu du chef de ménage ne semble pas influer sur la décision de prendre en charge le financement des études tel que le montre le tableau ci-après, à moins de considérer que les 40% qui nont pas déclaré les revenus soient dans la tranche supérieure.
Revenu du chef de ménage |
% parmi les répondants favorable |
| moins de 3000 Dhs | 12% |
| de 3000 Dhs à 6000 Dhs | 24% |
| de 6000 Dhs à 9000 Dhs | 17% |
| plus de 9000 Dhs | 7% |
| ne sait pas et refus | 40% |
les montants que les élèves et étudiants que se proposent dinvertir les élèves sont relativement fiables, sans rapport avec les prix pratiqués dans le secteur privé de formation supérieure, ou bien le coût réel de la formation dans le public.
élèves |
étudiants |
|
| moins de 500 dhs par moins | 30% |
25% |
| de 500 dhs à 1000dh par mois | 37% |
29% |
| de 1000 dh à 1500 dh par mois | 1 |
6% |
| de 1500 à 2000 dh par mois | 8% |
16% |
| plus de 2000 dh par mois | 6% |
17% |
| NSP | 1% |
6% |
| Refus | - |
1% |
Notons à ce sujet que les réponses ont été collectées spontanément auprès des élèves et étudiants. Linstruction donnée aux enquêteurs était décrire les montants prononcés par les interviewés avant leur codification.
Enfin et concernant la préférence des répondants favorables à lautofinancement des études, elle oscille entre les secteurs public et privé de formation (voir tableau ci-après):
| Populations | Public | Privé |
| élèves | 43% |
57% |
| étudiants | 51% |
48% |
IV. LES SYSTEMES
DINFORMATION
A la question « Comment linformation vous parvient elle sur la formation supérieure au Maroc? », Les répondants ont confirmé que c'était dune façon informelle: les amis dabord, la famille ensuite, les enseignants et les médias suivent. Ces médias, bien que peu spécialisés en la matière, tiennent ainsi une bonne place (environ 30 à 40 %). Notons enfin le faible score enregistré par les centres dinformation qui avoisinent 10% des réponses seulement, mais en légère amélioration en 1996.
Elèves |
Etudiants |
|||
| Moyens dinformations | 1995 |
1996 |
1995 |
1996 |
| Les compagnons dans les études | 78% |
66% |
59% |
71% |
| La famille | 32% |
52% |
29% |
39% |
| Les médias | 34% |
34% |
30% |
41% |
| Les enseignants | 31% |
46% |
11% |
39% |
| Laffichage dans les établissements de formation | 28% |
34% |
31%
|
34% |
| Les centres dinformations et dorientation | 18 |
27% |
12% |
19% |
| Les multimédias | --- |
8% |
-- |
6% |
Quant à laffichage dans les lycées et les écoles, il est représenté aussi par environ 30% des réponses. Cependant, quand on connaît la qualité des informations contenues dans ces affichages (dénominations des filières et dates dinscription ou de concours), force est de constater que les élèves sont très mal servis dans ce domaine.
Si lexamen des résultats concernant les sources actuelles dinformation des élèves étudiants révèle que lentourage (enseignants, famille et compagnons) est leur principale source dinformation, ce phénomène sinverse si on leur pose la question : « par quel moyen souhaitez-vous être informé...? ». Ainsi, les centres dinformation et dorientation et les médias prennent les meilleures places, tel que le montre le tableau ci-après :
Elèves |
Etudiants |
|
| Les centres dinformations | 35% |
31% |
| Les médias | 29% |
35% |
| Les enseignants | 15% |
13% |
| Laffichage dans les établissements | 9% |
9% |
| Les compagnons dans les études | 5% |
5% |
| Les multimédias | 2% |
5% |
| La famille | 4% |
1% |
| Autres moyens | 1% |
2% |
| Ne se prononcent pas | 0,2% |
2% |
V. LE DEGRE DE
SATISFACTION
La moyenne du baccalauréat, qui semble être avec lemploi lélément majeur dans lorientation des futurs bacheliers, nest pas acceptée en tant que tel: 73% des élèves nétait pas daccord sur cet état de fait en 1995.
Dun autre coté, le système dorientation produit des étudiants dont le tiers environ considère que les études poursuivies ne sont pas conformes avec ce quils avaient aimé faire. Ceci est dautant plus accablant quil sagit là dune fraction détudiants particulièrement choyés : ils représentent 5% de la totalité des étudiants au Maroc, et sont parmi les meilleurs.
Les étudiants estiment suivre des : |
1995 |
1996 |
|
| études conformes | 66% |
71% |
|
| études non conformes | 32% |
28% |
|
De même, la majorité de ces étudiants ne sont satisfaits ni de leurs encadrants (administratifs et pédagogiques, ce qui est classique chez tous les étudiants du monde) ni des services parascolaires et sociaux (bourses, internats, sport, activités culturelles).
Enfin, les avis restent partagés en ce qui concerne tous les cotés pédagogiques: programmes, TP et TD, contrôle continu, examens et bibliothèques. On aurait obtenu les mêmes résultats si les étudiants avaient répondu au hasard, sagissant de concepts quils ignorent: ils sont là pour les apprendre (voir tableau ci après).
Type |
Désignation de l'élément |
Satisfaits 1995 |
Satisfaits 1996 |
| Encadrement | Direction de votre établissement | 37% |
42% |
| Encadrement | Corps enseignant | 39% |
57% |
| Encadrement | Contrôle continu | 47% |
41% |
Pédagogie |
Les examens | 50% |
50% |
| Pédagogie | Les TP et TD | 48% |
49% |
| Pédagogie | Les programmes des études | 52% |
-54% |
| Pédagogie | La bibliothèque | 51% |
56% |
| Pédagogie | Linternat | 30% |
36% |
Services parascolaires |
Les activités culturelles dans votre établissement | 22% |
21% |
| Services parascolaires | Les sports dans votre établissement | 35% |
29% |
| Services parascolaires | La bourse | 12% |
13% |
VI. CONTRAINTES ET STRATIFICATION
SOCIO ECONOMIQUE
Lanalyse de la stratification socio-économique permet dapporter une vision complémentaire sur le système dorientation en général et de formation des cadres en particulier. Cette analyse est faite sur la base de 1995.
Le premier indicateur réside dans la profession des parents des futurs bacheliers dune part, et des étudiants dautre part.
La différence entre les spectres des parents réside essentiellement dans la tranche du personnel des professions scientifiques, techniques, libérales et assimilés dune part (qui est mieux représentée chez les étudiants) et celle des ouvriers et manuvres non agricoles dautre part (et qui est moins représentée chez les mêmes étudiants pour compenser).
Un autre indicateur est mis en relief par le niveau scolaire des parents. Le tableau ci après révèle la différence fondamentale qui peut être résumée comme suit: chez les étudiants, 58% ont des parents ayant un niveau scolaire au moyen égal au secondaire, contre 28% seulement chez les futurs bacheliers.
| formation des parents (1995) | futurs bacheliers | étudiants des EFC |
| études supérieures | 10% | 25% |
| études secondaires | 18% | 33% |
| études primaires | 32% | 15% |
| aucune | 40% | 27% |
Dans le même ordre didée, un troisième indicateur peut être cité. Il sagit du nombre denfants dune même famille dans les écoles de formation des cadres.
Le graphique ci-après montre aussi une différence notable, qui peut se résumer ainsi: dans les familles ayant des élèves des EFC, il y a un enfant de plus dans ces mêmes écoles que dans celles des élèves.
VII. CONCLUSIONS
Il apparaît de tous les chiffres avancés trois éléments essentiels que nous citons par ordre dimportance: le système dinformation des élèves et étudiants, leurs insatisfactions et les facteurs socio-économiques qui influent sur lorientation après le baccalauréat.
VII.1. Notre système dinformation est défaillant. Nous nen voulons comme témoin que les éléments suivants:
seul le quart des élèves souhaitent intégrer une école de formation des cadres.
la presque totalité des élèves nont pas mentionné les concours daccès comme facteur influent sur leur choix.
sur lensemble de léchantillonnage, seuls 16% ont reconnu en 1995 avoir eu recours aux centres dinformation et dorientation spécialisés. Il y a eu toutefois une nette amélioration en 1996 puisque ce chiffre à atteint 27%.
Lurgence de la mise en place dun système dinformation efficace est manifeste, avant de penser à lorientation des élèves, qui suppose, elle, un minimum de possibilités de choix.
VII.1. Linsatisfaction des élèves apparaît nettement:
dabord, chez les élèves dont 73% ne sont pas daccord sur le fait que lorientation se fasse essentiellement sur la base des notes obtenues au baccalauréat. (base 1995)
ensuite chez les étudiants dont le tiers déclare que leurs études ne correspondent pas à ce quils avaient aimé faire.
enfin, toujours chez les étudiants, les cotés social et parascolaire sont estimés très insuffisants.
VII.1. Enfin, et dans la réalité absolue le niveau de scolarité des parents aide beaucoup dans lintégration dune école de formation des cadres.
Cette aide se manifeste doublement: dabord pour lélève lui même (58% des parents détudiants ont fait des études secondaires ou plus, contre seulement 28% chez les élèves), ensuite pour un de ses frères et surs (en moyenne bien sûr).
Cette série denquêtes est la première en son genre. Elle a le défaut majeur davoir exclu les étudiants des universités (budget oblige).
Conscient de limportance des contraintes socio-économiques-pédagogiques que vivent les étudiants et élèves, le Ministère de lEnseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique a entrepris trois études et enquêtes a une plus grande échelle.
La première concerne lorientation des élèves du supérieur, qui va permettre de connaître comment et faire le choix des filières à lintérieur de luniversité. (enquête réalisée auprès de 6000 étudiants nouvellement inscrits)
La seconde concerne le vécu de nos étudiants et leurs besoins (enquête auprès de 4000 étudiants).
Enfin, la troisième concerne linsertion des lauréats de notre système éducatif global dans le monde du travail.
Gageons que les résultats de ces études aideront à mettre en place dune part les structures efficaces pour aider à lorientation de nos élèves, dautre part les programmes pédagogiques qui les aideront dans leur insertion.
Il nous reste cependant à lever le doute qui persiste concernant les élèves qui ont déclaré ne pas vouloir continuer leurs études supérieures d'une part, et ceux qui ont émis le voue d'intégrer une école de formation de cadres d'autre part. Une double enquête en Mars et en Juillet devrait pouvoir corréler ce type de réponse avec les notes réellement obtenues
Hassan NACIRI
Juin 1997