ROYAUME DU MAROC
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
DE LA FORMATION DES CADRES ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
DIRECTION DE LA FORMATION DES CADRES
ETUDE DES BESOINS EN CADRES DU SECTEUR
DES INDUSTRIES MECANIQUE
METALLURGIQUE ET ELECTRIQUE
INTRODUCTION GENERALE
En dépit de la crise que traverse le secteur, les besoins quantitatifs et qualitatifs exprimés par les entreprises à l'horizon 2015 ne sont pas négligeables mais restent assez largement couverts par les structures de formation actuelles. Toutefois, c'est le manque de diversification des formations qui se dessine au premier plan des préoccupations des entreprises;
La nécessité d'amorcer une plus grande ouverture des cursus classiques
de formation en vigueur vers des formations de polyvalence pour se rapprocher des besoins
des entreprises et créer des opportunités nouvelles d'emploi;
Le processus d'adéquation formation - emploi est devenu d'actualité et
constitue un impératif de premier plan dans les orientations stratégiques des
établissements de formation.
Aussi, la mise en place d'un plan de formation spécifique pour le
secteur IMME devra prendre en considération les axes directeurs ci-après:
Nombre d'ingénieurs pour 10.000 habitants:
| Maroc | Tunisie | Libye | Irak | Jordanie | France | Suède | Japon |
| 6,73 | 8,75 | 20 | 24 | 40 | 64 | 380 | 540 |
( rapport entre nombre d'ingénieurs formés à la population totale du pays).
EVALUATION DES BESOINS EN CADRES
BESOINS QUANTITATIFS DES ENTREPRISES IMME EN INGENIEURS:
| 1995-1998 | 1999-2002 | 2003-2006 | 2007-2010 | 2011-2015 | Total |
| 1.011 | 328 | 267 | 325 | 381 | 2.312 |
PANORAMA DES PROFILS RECHERCHES:
| profils d'ingénieurs | en % |
| Génie mécanique Ing. polytechnique-généralistes Génie industriel Electromécanique Ing. matériel Ingénieur génie industriel Génie automatisme |
29% 21% 15% 13% 8% 8% 6% |
| Total | 100% |
Les principaux profils d'ingénieurs qui ressortent en priorité sont :
Par secteur d'activité :
DIAGNOSTIC SOMMAIRE DE FORMATION
Dans sa forme générale, le cursus de formation des ingénieurs d'Etat
est quasiment similaire puisque la durée des études après les deux années de classes
préparatoires s'échelonne sur trois années avec selon les cas soit une année de tronc
commun (EMI, ENIM); soit trois mois seulement( cas récent de l'EHTP). Les années de
spécialisation varient entre deux années et presque trois dans le cas de l'EHTP.
Les axes généraux des formations sont également identiques et
reposent sur trois composantes principales :
En matière d'adéquation formation-emploi, toutes les écoles ont
recours aux actions suivantes :
D'une manière générale, les écoles marocaines d'ingénieurs
dans leur ensemble ont tendance à former des ingénieurs de conception. Dans les
cursus actuels de formation, les principales écoles d'ingénieurs, peu de place est
réservée à la formation d'ingénieurs praticiens et polyvalents dans la mesure ou
l'optique dominante continue à privilégier le principe de l'apprentissage sur le tas
c'est à dire en période d'insertion professionnelle.
Pourtant, à travers les besoins exprimés par le milieu
socioprofessionnel, un vide important est ressenti à ce niveau d'autant plus qu'il
n'existe plus de cursus court destiné à former des ingénieurs ayant une formation
pratique et assez polyvalente. La formation d'ingénieurs d'application qui a fait ses
preuves jusqu'au début des années 80 a profité davantage au secteur public qu'au
secteur privé jusque là encore en formation et en émergence.
Une relève est actuellement en cours suite à la mise en place des
écoles supérieures de technologie dont le but est la formation d'une nouvelle
génération de techniciens technologues.
De nos jours, le métier de l'ingénieur est devenu particulièrement
complexe étant donné la diversité des technologies et des domaines d'activité.
Désormais, la polyvalence du profil des ingénieurs devient de plus en plus une exigence
de premier plan exprimée par les employeurs. Jusqu'au ces dernières années, en
l'absence de cursus de management dans les formations déployées par les écoles
d'ingénieurs, certains lauréats optaient pour des formations complémentaires de type
masters, MBA ou DESS en gestion, finances ou marketing dans les écoles américaines ou
européennes.
Ayant pris connaissance de cette situation, les écoles d'ingénieurs à
savoir l'ENIM, l'EHTP et l'EMI ont introduit des cursus de management dans leur formation
de base.
Cependant, la plupart de ces formations ont été introduites au fur et
à mesure et n'ont pas fait l'objet d'une analyse générale du profil de l'ingénieur
dans le cadre des cursus de formation en vigueur. Une telle démarche suppose au
préalable le lancement d'une réflexion générale sur le métier de l'ingénieur de l'an
2000 et au delà delaquelle participeraient activement les organismes institutionnels, les
établissements de formation et les opérateurs économiques nationaux et étrangers.
Communication et coordination entre les
établissements de formation:
Par ailleurs, les relations entre écoles d'ingénieurs d'une part et
entre les établissements scientifiques et techniques de type universitaires ne sont pas
suffisamment développées pour pouvoir réaliser une coopération multiforme dans les
divers domaines de la formation tout en exploitant au mieux les synergies existantes.
Ceci est dû au premier plan à deux insuffisances majeurs:
ANALYSE COMPARATIVE DES ECOLES D'INGENIEURS A DOMINANTE INDUSTRIELLE
Etant assurée par les trois écoles ci-dessus étudiées (ENSEM, EMI, ENIM), cette spécialité est axée sur l'acquisition des connaissances en matière de conception, de construction et de fabrication mécanique.
Si à l'ENSEM une attention particulière est accordée à l'automatique
et à l'informatique industrielle, à l'EMI, la formation dans cette spécialité est
scindée en deux sections: conception et fabrication mécanique et section énergétique
dans le but d'introduire une plus grande spécialisation dans le cursus de formation, à
l'ENIM, la formation est axée fondamentalement sur l'électromécanique.
Résumé général du cursus de formation:
| Cursus de formation | ENSEM | EMI | ENIM |
| Première année | Tronc commun en génie électrique et en génie mécanique | Tronc commun axé sur une formation pluridisciplinaire | Tronc commun axé sur les sciences de base de l'ingénieur |
| Deuxième année | Orientation en génie mécanique | Orientation vers la formation de base du département choisi, soit le génie mécanique | Orientation vers la formation de base du département spécifique à savoir le génie électromécanique |
| Troisième année | Spécialisation selon options en : - Conception et fabrication mécanique - Contrôle qualité et maintenance |
Spécialisation soit en section: - Energétique - Conception et fabrication mécanique |
Spécialisation en électromécanique |
L'ENSEM, L'EMI et l'EHTP, telles sont les trois principales écoles
d'ingénieurs qui dispensent des filières de formation en génie électrique. L'objectif
de cette formation est de fournir aux élèves ingénieurs une formation de base en
électronique analogique et numérique, en machines électriques, électroniques, à
commandes automatiques, etc.
Résumé général du cursus de formation:
| Cursus de formation | ENSEM | EMI | EHTP |
| Première année | Tronc commun en génie électrique et électronique | Tronc commun axé sur une formation pluridisciplinaire | Tronc commun court(trois mois) orientation vers le génie électrique |
| Deuxième année | Orientation en génie électrique | Orientation vers la formation de base du département choisi, soit le génie électrique | Orientation vers la formation de base du département génie électrique |
| Troisième année | Spécialisation selon options en : - Automatique et informatique industrielle - Electrotechnique et électronique de puissance - Instrumentation électronique et maintenance |
Spécialisation soit en section: - Automatique et informatique industrielle - Electrotechnique et électronique industrielle - Electronique et communication |
Spécialisation en génie électrique |
Unique en son genre, cette filière est assurée par l'EMI et obéit à un souci permanent d'adaptation de l'ingénieur d'aujourd'hui aux nouvelles données en matière de redéploiement industriel et de ses mutations technologiques qui s'imposent à l'échelle internationale. Avec une telle filière, une ouverture est amorcée à destination du secteur tertiaire pour les ingénieurs.
Au cours de l'année scolaire 1991/1992, le nombre de lauréats issus de
cette filière étaient à peine de 12 ingénieurs.
Récapitulatif général des effectifs en formation
et des lauréats:
Effectifs en formation en 1991/1992:
| Effectifs | Génie électrique | Génie mécanique | Génie industriel |
| 324 | 206 | 89 | 29 |
| 100% | 65% | 26% | 9% |
Lauréats par filière de formation en 1991/1992:
| Filière | Génie mécanique | Génie électrique(*) | Génie industriel |
| Effectif | 71 | 110 | 12 |
(*) La filière génie électrique à plusieurs secteurs (Industrie,
BTP, Energie, Administration,...)
Alors qu'une certaine saturation des besoins est ressentie au niveau du marché de l'emploi pour les ingénieurs électricité, l'effort de formation demeure encore soutenu.
En revanche, dans le domaine du génie industriel, qui est une
spécialité polyvalente qui s'inscrit dans la lignée des grandes mutations
industrielles, les lauréats formés sont infiniment peu nombreux et ce malgré le rôle
qu'ils sont appelés à jouer dans le renforcement des capacités directionnelles et des
choix technologiques des entreprises IMME.
ARCHITECTURE GENERALE DU PLAN DE FORMATION
DONNEES DE BASE:
Dans l'ensemble des formations spécifiques aux sciences de
l'ingénieur, sur un effectif de 475 lauréats enregistrés en 1991/1992, à peine 71 sont
spécialisés en génie mécanique(14,9%); 12 en génie industriel (2,5%) et 110 en génie
électrique(23,1%).
Malgré la faiblesse des effectifs en formation pour le secteur
industriel, les orientations stratégiques en matière de formation des ingénieurs pour
le secteur industriel doivent se focaliser sur les aspects qualitatifs de la formation.
Compte tenu des impératifs de développement technologique du secteur industriel, la
politique de formation du personnel d'encadrement technique de haut niveau devra
développer une stratégie de mise en oeuvre de plans de formation appropriés et
adéquats qui prônent davantage pour la diversification des formations, la polyvalence
des profils et la mise à contribution du secteur privé dans l'élaboration de cursus de
formation spécifique qui répond directement aux besoins du milieu professionnel.
Pour répondre aux besoins du secteur industriel au sens large et à
celui des IMME au sens strict, l'Etat est appelé à développer une politique de
formation des ingénieurs fondée sur les deux principes directeurs suivants:
Quel modèle de cursus de formation choisir?
D'une manière générale, la tâche de l'ingénieur porte sur la
conception comme sur l'exécution, la réalisation et la fabrication de produits. Dans de
nombreux pays développés, deux filières sont assurées en parallèle, l'une visant plus
spécialement les tâches d'exécution (BAC + 3 ou 4 ans), l'autre la conception(BAC + 5
ans).
Les deux formations peuvent aussi être en série, en cascade, comme aux USA : le premier grade est celui de Bachelor in Engineering (BAC + 3 ou 4 ans), suivi de celui de Master in Engineering (+ 2 ans et ensuite d'un éventuel doctorat).
La formation en cascade ou par étapes apporte des avantages notamment
un recrutement large limitant dans une certaine mesure les erreurs d'orientation et les
effets de l'appartenance sociale. Cela permet aussi d'assurer une finalité
professionnelle claire à la fin du premier cycle et une sélection pour le Master Degree
basée sur les résultats obtenus et sur la motivation des individus. Enfin, le second
cycle est abordé avec une large expérience technique.
Néanmoins, la formation approfondie en sciences fondamentales,
notamment en mathématiques, n'est pas acquise au départ, mais progressivement, une
partie étant reportée vers le second cycle. Cette caractéristique est jugée par
certains comme un inconvénient.
Dans le cas du système marocain de formation des ingénieurs, seule la
formation des ingénieurs de conception est en vigueur de nos jours. La formation
d'ingénieurs d'application a été arrêtée en 1982. Néanmoins, des passerelles pour
l'entrée en première année comme en seconde année existent pour les titulaires des
diplômes suivants:
Aucune passerelle n'est cependant prévue pour les techniciens ou de
niveau adjoint technique dans l'échelle de classement administrative.
Ingénieurs de conception en cycle long:
Génie industriel:
La spécialité de génie industriel est peu développée au Maroc. Le
seul établissement qui dispose d'une filière dans ce domaine est l'EMI. Sur le plan
quantitatif, le nombre moyen annuel de lauréats ne dépasse pas une douzaine
d'éléves-ingénieurs.
L'intérêt majeur du développement de cette filière est de pouvoir
doter le pays à terme d'une génération d'industriels ayant une formation polyvalente,
c'est à dire, qui maîtrisent d'une part, la dimension économique, de gestion et
socio-technique de l'environnement industriel tant au niveau national qu'international;
d'autre part, qui disposent d'acquis techniques et d'approches pratiques pour piloter et
prendre en charge des fonctions de haut niveau dans le secteur industriel.
Gestion de la production(GPAO):
Dans les temps modernes ou des fonctions nouvelles se sont développées telles que l'automatisation, la productique et la robotique, le développement des processus de production nécessite désormais le recours à des outils performants de gestion et d'optimisation qui permettent aux entreprises de réaliser des gains de productivité importants.
Parmi ces outils, la gestion de la production assistée par ordinateur
en est l'exemple le plus édifiant. La gestion de la production suppose une parfaite
maîtrise de l'ensemble du processus de production et des connaissances approfondies tant
au niveau de la mécanique que de l'électronique industrielle en passant par la maîtrise
de la programmation informatique.
Ingénieurs d'application en formation par
alternance:
Deux cibles majeures sont visés par ce type de formation:
Les formations pourraient se dérouler d'une manière séquentielle dans l'année (en semestre par exemple). Cela dépend bien entendu des contraintes des secteurs d'activités et des facilités qu'ils sont en mesure d'accorder à leur candidats pour préparer une formation d'ingénieurs.
Conditions de réussite de l'alternance:
Sur le plan pédagogique, il est nécessaire que des conditions
d'encadrement et de suivi des élèves ingénieurs soit réunies aussi bien à l'école
que dans l'entreprise. Aussi, dans le cas de la formation de bacheliers techniques, le
rôle des tuteurs ou parrains dans les entreprises est primordial. Ces tuteurs peuvent
être des cadres ou des ingénieurs de l'entreprise et sont appelés à assurer un suivi
permanent des travaux confiés à l'apprenti.
Cette charte est un support contractuel, assimilé à une convention
dans laquelle sont prescrites les modalités, les obligations et les domaines de
l'apprentissage. Toutes les conditions réciproques exigées par les deux parties pour le
déroulement de la formation par alternance dans des conditions normales.
Par ailleurs, un cahier d'apprentissage est élaboré. Il constitue l'instrument fondamental de l'articulation entre la formation académique du candidat et sa formation en entreprise. Il comporte deux volets spécifiques à chaque structure de formation ou d'apprentissage.
Dans chacun des volets figure en général le contenu des cours, travaux
pratiques et activités confiés à l'apprenti-ingénieur y compris les travaux de
mémoires à réaliser.
Deux à trois ans selon le degré d'approfondissement recherché par ce
type de formation.
Compte tenu de la rareté des ressources budgétaires de financement,
l'Etat devra mobiliser un certain nombre d'efforts en intervenant de la manière suivante:
La formation des ingénieurs au Maroc est rentrée dans une phase de maturité tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Toutefois, l'ensemble des dispositifs de formation qui forment les ingénieurs d'Etat continuent à former des ingénieurs en s'inspirant des approches classiques de formation qui sont fondées sur des cursus de formation assez figés qui laissent très peu de marges de manoeuvre aux responsables des formations pour envisager d'introduire des actions de changement ou des innovations dans leurs cursus de formation.
D'une manière générale, les contacts avec le milieu professionnel ne sont pas très développées à tel point que la participation du secteur privé à l'orientation et à la refonte des cursus de formation n'a jamais été à l'ordre du jour. Le secteur privé participe d'une manière marginale à la vie des écoles de formation par la proposition de stages professionnels aux élèves-ingénieurs et des visites d'entreprises. L'insuffisance de ces contacts est dû à des facteurs culturels et psychologiques des appareils de formation.
Il devient impératif que les établissements de formation tournent une page et mettent en place des stratégies nouvelles de communication et de coopération avec le milieu professionnel.
A ce titre, ces établissements sont appelés à mettre à contribution le secteur privé ou le secteur spécifique de leur formation dans toutes les actions de changement qui sont à envisager en matière :
- pédagogique;
- refonte des cursus;
- Définition des postes/profils et d'analyse des besoins;
- formation par alternance;
- de stages;
- de contrats de recherche;
- de formation continue.
Début